SPHÈRE CONVULSIVISTE
 
 
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Sphère
 la sphère
Convulsiviste

Sphérisme

Voici qu’enfin paraît Mamiwata, près de vingt ans après les simulacres d’une édition qui l’avait rendue invisible. Et surtout inaudible. D’avoir vu son chant relégué dans les cloaques de la Belgique, la sirène du fleuve Congo ne devait-elle pas y inspirer la mélopée d’un aède qui dans vingt ans parviendra peut-être aux oreilles de l’Afrique?

Voici la vie d’un homme dont le futur dira qu’elle fut – entre autres – vouée à dialectiser la dialectique hégélienne, en agrémentant la bonne vieille trinité (thèse/antithèse/synthèse) des indispensables notions d’hypothèse et de parenthèse.
Parenthétique est son œuvre ; hypothétique, la
SPHÈRE CONVULSIVISTE qu’il créa.
Retour aux figures d’Isis et d’Osiris, le cycle romanesque de Mamiwata et de Maïak...

Voici cent ans, l’œil de quelques artistes en Europe était métamorphosé par l’art nègre. Ils en conçurent le besoin de n’occulter plus certains aspects du réel échappant au regard conventionnel. Comme le rappellerait Aragon, la révolution picturale connue sous le nom de cubisme affecterait toutes les formes d’expression : sous cette appellation menèrent leurs premières expériences littéraires ceux qui se désignèrent ensuite comme surréalistes. Si ce dernier label – d’abord ignoré, puis honni – se trouve aujourd’hui canonisé, rien ne prouve que les autorités culturelles sachent plus qu’hier la signification d’une démarche ainsi définie par Breton : « Tout porte à croire qu’il existe un point d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement ».

Voici bientôt soixante ans naît le signataire de ces lignes. S’il devait résumer sa vie d’un adjectif, elle serait qualifiée de convulsive. Les années cinquante se concluent par les convulsions du Congo belge. Les sixties ne s’achèvent pas sans confirmer la prophétie du même André Breton : « La beauté sera convulsive ou ne sera pas ». Quant à l’ère des spasmes historiques s’ouvrant alors, je prends la liberté d’en dater l’émergence en juin 1971, quand Richard Nixon abolit les accords de Bretton - Woods, qui depuis la guerre arrimaient à l’or la valeur du dollar. Le capitalisme financier prend liberté d’appliquer le slogan conçu pour lui : Vivre sans temps mort, jouir sans entraves, commençant par mettre au pouvoir Pinochet dans cent bains de sang planétaires, non sans engager bientôt Nouveaux Philosophes, John Travolta, pape Jean-Paul II, puis des légions d’escrocs du verbe et de l’image pour apporter, sous couleur de progrès, leurs diverses cautions idéologiques à la gigantesque régression de l’histoire opérant depuis quarante ans sous bannière néolibérale. Il s’agissait d’opposer à ces convulsions programmées par l’économie, rien moins qu’une convulsivité supérieure de l’esprit.

« Voici que les années 70 vont finir, et l’Etat vous fait fêter ses anniversaires. Chaque époque a son esprit ; la résignation à des petites joies dans la servitude semble être celui de la nôtre ». Ainsi commençait le premier texte que j’aie rendu public, dans une brochure de douze pages portant pour titre Sphère Convulsiviste. A l’écriture par les actes, ne fallait-il pas substituer l’acte d’écriture ? Ayant voué la décennie septante aux convulsèmes en tout genre, il me fut du plus grand réconfort de faire, en mai 81, la rencontre d’Aragon. Sous ses auspices pourraient se tracer les marques d’une enquête sur le monde assumée par Anatole Atlas, d’abord dans une série de brochures, puis dans le cycle romanesque où il conviendrait d’imaginer en Isolde Isis la sirène du fleuve Mamiwata, et l’aède grec Maïak en Osiris Tristan : mariage de la déesse des eaux et du voleur de feu...

Voici que l’autre côté des choses est sommé d’inventer son glossaire :

Agoranthrope : Être-pour-le-marché ; définition la plus rigoureuse de l’homo sapiens contemporain.

Capitalisme de la séduction : Désignation du néocapitalisme, selon l’heureuse formule imaginée par mon vieil ami, feu le sociologue français Michel Clouscard.

Cinquième dimension : Dimension mythique par-delà les trois de l’espace et la quatrième du temps, explorée par la sirène du fleuve comme par l’aède Atlas, où fusionnent le rêve et la mémoire.

Convulsème : Unité d’acte et de pensée s’opposant aux convulsions de l’époque par une convulsivité supérieure de l’esprit. Mon premier convulsème coïncide avec juin 1971. L’année suivante en sera riche (intervention dans une conférence de Jacques Lacan à l’Université de Louvain ; irruption en pleine représentation d’une pièce de Montherlant, sur la scène du Rideau de Bruxelles...)

Convulsif : Qui relève du spasme : trait caractéristique de l’ère ouverte en 1971.

Convulsivisme : Opposition cohérente aux convulsions pathologiques d’une époque.

Convulsivité : Caractère de ce qui est convulsif, dans un sens morbide ou salvateur.

Coprolâtrie : Conséquence d’un renversement achevé du réel, par quoi s’organise un culte religieux à des marchandises (entre autres celles de la Kulturindustrie) pourvues d’une valeur d’usage principalement excrémentielle.

Cosmythologie : Création mythique reliant la chair humaine aux étoiles.

Fantasmarchie : Système hallucinatoire dominant le cerveau global.

Hiéroclastie : Conséquence d’un renversement achevé du réel, par quoi est organisée la destruction systématique de toute référence au sacré.

Hypnocratie : Texte de vingt pages écrit en mai-juin 2007 (vers ce texte), exprimant l’essence du pouvoir de Nicolas Sarkozy. Voir Kakistocratie.

Idolosphère : Sphère dévolue au show des principaux fétiches du marché.

Kakistocratie : Gouvernement des pires. Voir Hypnocratie.

Monesthésie : Uniformisation forcée des expériences sensorielles.

Monodoxie : Uniformisation forcée de l’opinion selon les intérêts dominants.

Monokinésie : Uniformisation forcée des mouvements, non plus seulement de la foule (totalitarismes traditionnels), mais de chaque individu, y compris dans l’illusion entretenue chez les nouveaux esclaves que les signes arborés de leur soumission correspondent à un libre choix.

Pseudologie : Système de représentation du réel organisé selon le critère du faux.

Sphérisme : Visée de vision globale.

Tour Panoptic : Symbole du totalitarisme contemporain. Dispositif de coercition psychique par lequel un programme d’exploitation économique, de domination politique, d’aliénation idéologique, s’arroge les attributs de l’ancienne transcendance religieuse (omnivoyance, omniscience, omnipotence) dans le but exclusif d’accroître l’empire du profit matériel, en jugulant toute résistance intellectuelle ou spirituelle.

Traversier : Attribut de ce qui relie, relaie, relate en résistance à la tour Panoptic. Le dialogisme s’oppose au monologisme comme le pont bat en brèche les murs.

J-L L Septembre 2010


 ils ont partagé le monde

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« ils ont partagé le monde »
par tiken jah fakoly

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